Keep Pet >> Animaux de compagnie >  >> Chiens >> Comportement animal

Les chiens voient-ils leur propre reflet ? Comprendre la reconnaissance de soi chez les chiens

Les chiens voient-ils leur propre reflet ? Comprendre la reconnaissance de soi chez les chiens

Parmi les six chiens que j'ai accueillis chez moi, trois ont montré des réactions vives lorsqu'ils ont aperçu leur propre reflet.

Un après-midi, un employé d'une boutique de Newbury Street à Boston a suggéré que nous partions après que mon labrador noir, Solly, ait vu son image dans la vitrine du magasin et ait éclaté dans une explosion dramatique d'aboiements et de gémissements.

Une autre fois, ma labrador jaune Daisy a regardé un miroir accroché au plafond d'un ascenseur, puis a aboyé, grogné et grogné, convaincue que quelque chose d'un autre monde se cachait au-dessus de nous.

Même ma chiot Macy a poussé un hurlement de surprise la première fois qu'elle a regardé son propre visage sur une surface réfléchissante.

Ces anecdotes soulèvent une question intrigante :les chiens se reconnaissent-ils dans les miroirs ? Comment interprètent-ils les surfaces réfléchissantes, et qu'est-ce que cela nous apprend sur la cognition canine ?

Les chiens voient-ils leur propre reflet ? Comprendre la reconnaissance de soi chez les chiens

Le Dr Stanley Coren, professeur émérite de psychologie à l'Université de la Colombie-Britannique et autorité de premier plan en matière d'intelligence canine, a ses propres histoires miroirs. Il se souvient d'une scène dans laquelle un Cocker Spaniel, lors d'une visite de garde de chien, s'est arrêté devant le miroir d'une chambre, a regardé son propre reflet, puis a délibérément levé sa patte arrière pour uriner sur le verre et, étonnamment, sur sa propre image corporelle.

Coren et d'autres chercheurs concluent que les chiens ne reconnaissent généralement pas leur reflet. Au lieu de cela, ils traitent l’image comme un autre chien :un « chiot » inodore et silencieux qui ne parvient pas à les engager. Le manque d’odeurs familières, note-t-il, entraîne une perte d’intérêt. Cette observation a suscité des débats plus larges sur la conscience de soi canine, une question que les philosophes ont explorée depuis Aristote.

Les chiens sont-ils conscients d'eux-mêmes ?

Les recherches scientifiques classent la conscience de soi en trois niveaux. Premièrement, la sensibilité – la capacité fondamentale de ressentir la faim, la douleur et l’environnement – ​​caractérise la plupart des animaux. Deuxièmement, la mémoire et l’apprentissage :se souvenir des expériences passées et utiliser ces connaissances pour naviguer dans le monde. Le niveau le plus élevé est la reconnaissance de soi, où un animal se perçoit comme un individu distinct de son environnement.

Pour sonder la reconnaissance de soi, les chercheurs utilisent le « test de la marque miroir ». En 1970, Gordon Gallup Jr. a appliqué ce test aux chimpanzés, en plaçant un colorant rouge inoffensif sur leur front. Lorsque les chimpanzés ont vu la marque dans un miroir, ils l'ont touchée, démontrant ainsi leur reconnaissance.

Des études ont montré que les dauphins, les orques, les éléphants d’Asie, certains oiseaux et même certains poissons réussissent le test du miroir. Cependant, les chiens n'ont pas affiché le même comportement :lorsqu'on leur présente une tache rouge sur la tête, ils ne l'investigent pas, ce qui suggère un niveau inférieur de conscience de soi.

Néanmoins, les chercheurs ont continué à explorer la cognition canine en utilisant d'autres modalités sensorielles.

Renifler leur chemin vers la conscience de soi

En 2021, le biologiste évolutionniste Marc Bekoff a publié ce qui est désormais connu sous le nom de « l’étude sur la neige jaune ». Alors qu’il promenait ses chiens sur des sentiers tachés de neige, il déplaçait des taches jaunes fraîchement marquées – des indicateurs d’urine – vers de nouveaux endroits. Il a observé que son chien, Jethro, accordait plus d'attention aux taches laissées par les autres chiens qu'à celles marquées par lui-même, ce qui implique un sentiment interne de « c'est moi ».

Alexandra Horowitz, experte en cognition canine, a reproduit et étendu ces découvertes. Elle a créé un « miroir olfactif » en présentant aux chiens des échantillons de leur propre urine, seule ou mélangée à une odeur étrangère. Les chiens ont passé plus de temps à renifler les échantillons parfumés, ce qui indique qu'ils ont détecté un changement dans leur propre profil d'odeur :un signal subtil d'auto-identification.

Le Dr Coren, faisant écho au point de vue de Charles Darwin selon lequel la conscience n’est pas exclusive aux humains, estime que les chiens possèdent un spectre émotionnel comparable à celui d’un tout-petit humain d’environ 2 ans et demi. Ils présentent des émotions de base – joie, peur, colère – mais sont dépourvus d'émotions sociales complexes telles que la culpabilité et la fierté, qui se développent plus tard chez les enfants humains.

Bien que nous ne puissions pas lire directement les pensées des chiens, leurs réactions aux miroirs et aux odeurs démontrent un monde perceptuel unique. Les chiens naviguent grâce à l'odorat :ils peuvent se distinguer, distinguer les autres chiens et même leurs propriétaires. Leur nez contient 100 à 300 millions de récepteurs olfactifs, ce qui leur permet de détecter les états émotionnels, les changements physiologiques et les maladies comme le cancer.

Le fait que les chiens ne se reconnaissent pas dans les miroirs peut souligner leur altruisme :ils n’ont pas besoin de s’appuyer sur des indices réfléchis pour savoir qui ils sont. Au lieu de cela, leur extraordinaire système olfactif offre un sentiment d'identité plus riche et plus instinctif.

Les chiens voient-ils leur propre reflet ? Comprendre la reconnaissance de soi chez les chiens